Trois îles au large de Bali

Derrière les sourires

Lembongan – Ceningan – Penida (Nusa)

De retour à Lembongan, nous sommes en mode découverte! Les îles à l’est de Bali sont vraiment photogéniques. Nous profitons de ces paysages tropicaux qui nous émerveillent encore une fois. Mais derrière les sourires, la pandémie se concrétise de plus en plus. Le Canada recommande maintenant à ses ressortissants de rentrer au pays.

Le temps presse… Nous partons à la découverte de Ceningan, reliée à Lembongan par un joli pont emblématique de couleur jaune.

Nous prenons des clichés tropicaux hallucinants! Chaque détour nous réserve de nouveaux paysages, et nous voulons profiter au maximum de ces derniers moments sur les îles.

Le lendemain matin, nous sautons dans un Yul Yul coloré en direction du port, point de départ de notre excursion vers l’île de Penida.

Penida est beaucoup plus montagneuse et difficile d’accès. La route qui part du quai est sinueuse et cahoteuse, mais les efforts en valent la peine.

Le plat de résistance, c’est la plage de kelingking: un surplomb vertigineux qui offre un panorama absolument unique. Nous descendons au fond de la falaise sous un soleil de plomb.

La remontée est à pic. Nous gardons le rythme : ce sont les derniers efforts avant notre retour à la maison. Nous profitons de ces paysages grandioses, sans nous douter que plusieurs années s’écouleront avant que nous puissions revenir en Asie.

De retour près de Penestanan, nous passons un bon moment à Sayan avec des amis qui enseignent le yoga au Yoga Barn. Nous retrouvons ces visages familiers et ces moments de complicité qui font aussi partie de nos voyages.

Mais la pression liée à la COVID-19 se fait de plus en plus sentir. Nous tentons de devancer notre vol de retour, mais les prix grimpent avec la situation. Nous décidons donc d’attendre notre vol prévu.

Le jour du départ, notre chauffeur de taxi nous emmène vers l’aéroport international Ngurah Rai. Tout au long de la route, il s’époumone devant nous, et son comportement nous amène à soupçonner le pire. Nous stressons. Comme tout le monde, nous commençons à avoir drôlement peur de ce virus.

Derrière nos sourires, encore une fois, il y a de l’anxiété.

Ce n’est pas la première fois que nous vivons des préoccupations en voyage, mais cette fois-ci, tout nous semble si réel, si proche et si confrontant. Cette menace invisible nous accompagne jusque sur la route de l’aéroport. Les paysages défilent, mais nos pensées sont ailleurs. Nous voulons simplement rentrer à la maison.

Nous sommes loin de nous douter qu’il nous faudra quatre ans avant de revenir en Asie.

Ce continent nous émerveille à tout coup. C’est l’endroit où nous nous sentons chez nous, où la façon de vivre nous ressemble, où nous retrouvons cette douceur, cette spontanéité et ces sourires qui nous sont devenus si familiers.

Avec le recul, les photos de ce voyage racontent de magnifiques moments : des paysages grandioses, des rencontres, des éclats de rire et des souvenirs que nous chérissons encore. Pourtant, elles ne racontent pas tout.

Derrière les sourires, il y avait aussi les inquiétudes, les tensions, les questionnements et cette incertitude grandissante qui s’est installée au fil des jours. Les sourires étaient bien réels, tout comme les moments de bonheur. Mais ils ne représentaient qu’une partie de notre histoire.

Peut-être est-ce aussi cela, voyager : apprendre à accueillir la beauté d’un moment, même lorsque tout n’est pas aussi simple qu’il y paraît.

L’Asie nous attendra quatre ans. Et lorsque nous y retournerons, nous retrouverons ce sentiment familier, celui d’être à notre place, ailleurs dans le monde.

Le continent des sourires.

En deux mots : la maison.

Les 2 Trotteurs

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