Derrière les sourires
Ubud – Penestanan
Nous atterrissons à Denpasar, une fois de plus. Bella, notre chauffeur bien-aimé, nous attend comme d’habitude. Au fil des années, une véritable proximité s’est développée entre nous. Voilà maintenant sept ans que nous passons nos hivers dans les hébergements de son oncle, au Teblin House, à Penestanan.
En fin de soirée, nous retrouvons notre chambre préférée, celle qui offre une vue imprenable sur les rizières de ce village voisin d’Ubud. Le voyage peut enfin commencer. Ou plutôt, reprendre là où nous l’avions laissé.


Au petit matin, nous nous émerveillons encore devant Agung, l’un des nombreux volcans de l’île. Il semble paisible, presque endormi. Pourtant, Marie-Claude et moi nous souvenons qu’il y a quelques années, il avait projeté ses cendres jusque chez nous, à Penestanan. Même les paysages les plus sereins ont parfois leur part d’imprévisibilité.

Cette année, nous envisageons plutôt l’ascension du mont Batur, un autre volcan actif situé à environ une heure au nord d’Ubud. Mais pour l’instant, nous reprenons doucement le rythme de la vie balinaise.
Nous retrouvons nos adresses préférées : un bol déjeuner chez Alchemy, un cours de yoga au légendaire Yoga Barn, un souper entièrement végétalien chez Moksa Ubud, un festin indien, un tacos chez Taco Casa ou encore les gnocchis, le pad thaï et les fameuses smashed potatoes du distingué restaurant The Elephant . Il y a aussi cette pizza traditionnelle chez Mamma Mia qui est devenu un incontournable. À Bali, le bonheur tient parfois à une adresse qu’on est heureux de retrouver années après années.











À pied ou à moto, nous repartons explorer les environs. Nous découvrons même des sentiers dans les rizières que nous n’avions encore jamais pris le temps d’emprunter. Après tout ce temps, il reste encore des coins à découvrir. La chaleur nous accompagne partout et la kelapa muda, cette jeune noix de coco fraîche, devient notre alliée pour nous désaltérer. Elle est économique, écologique et savoureuse! Ici, les paysages sont luxuriants, mais les déchets de plastique provoqués par l’accumulation des bouteilles de plastique, entre autre, rappellent aussi la fragilité de ce paradis.





Nous profitons également de ces premières journées pour joindre l’utile à l’agréable : une balade dans les montagnes de Batukaru, puis une escapade à Sanur, au bord de la mer. Nous préparons tranquillement la retraite de yoga qui nous attend.









Sur une falaise, Marie-Claude s’envoie dans les airs sur une balançoire suspendue au-dessus du paysage. Elle semble flotter, libre et légère, pleinement présente dans l’instant. Je la regarde profiter de ce moment. De mon côté, quelque chose m’habite déjà. Des préoccupations que je traîne avec moi et que je vais difficilement pouvoir garder longtemps à l’intérieur.



Cela fait maintenant plus de sept ans que nous venons passer nos hivers québécois ici. Nous avons nos habitudes, nos lieux préférés, nos amitiés et nos petits rituels. Cette fois encore, nous cherchons à profiter de chaque instant, à accumuler les expériences, les images et les sensations, comme si nous voulions en rapporter un peu plus avec nous.

Avec le recul, je me demande si une partie de nous ne pressentait pas que quelque chose allait bientôt changer. Sur le moment, pourtant, Bali était toujours Bali. Les rizières verdissaient sous le soleil, les volcans veillaient au loin et la vie suivait son cours.
Nous ne savions pas encore ce que ces souvenirs allaient représenter.
Les 2Trotteurs
