Sommes-nous au paradis?

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Le Siam, 20 ans plus tard

Koh Chang – Koh Wai – Koh Layao – Koh Khum – Khao Sok

L’île de Koh Chang fait partie d’un parc national et d’un archipel du même nom à la frontière de la Thaïlande et du Cambodge. Pour ceux qui sont familiers avec la Thaïlande, il est bon de savoir que l’île n’a pas été nommée ainsi en l’honneur de la célèbre bière thaïlandaise mais plutôt à cause de sa forme qui rappelle, à vol d’oiseau, celle d’une tête d’éléphant : Chang en thaï!

L’île est moins fréquentée que les îles près de Surat Thani ou Phuket, mais elle se développe de plus en plus. Nous partons donc de Bangkok pour la découvrir. Tout est fluide comme d’habitude au niveau du transport. En Thaïlande ça marche au quart de tour! Beaucoup de départs tous les jours, presque toujours à l’heure pile et « en général » assez confortable. Pas étonnant que le pays soit parmi les chef de file en matière de productivité en Asie du Sud-Est.

Enfin arrivés sur l’île, la forêt tropicale ancienne nous rappelle le Parc Jurassique. Nous embarquons à bord un Songthaew thaïlandais (une boîte de camion ouverte qui sert de taxi) et enfilons les courbes et les pentes sur le serpentin de bitume qui ceinture l’île.

La partie orientale est presque vierge: la forêt humide millénaire, les acres de palmiers, de mangroves et les plages désertes sont à l’honneur! À l’ouest, l’île est bien développée touristiquement, chaque croissant de plage offrent hôtels, restaurants, centres de massage, dépanneur 7/11, commerce de location de motos et une quantité astronomique de vendeurs de cannabis qui profitent de la récente légalisation en 2017. Un fait intéressant quand on pense que la dernière fois que nous sommes passés ici en Thaïlande, on envoyait encore les gens en prison à vie pour avoir en sa possession quelques grammes de cette herbe populaire…

Nous avons réservé une hutte de luxe située au Tropical Beach Resort à l’extrême sud de l’île paradisiaque dans le village très tranquille de Klong Kloi. Malheureusement, nous regrettons vite d’être ex-centrés par rapport aux services offerts sur l’île. Notons en plus qu’à Koh Chang, le service Grab est malheureusement inutilisable ce qui contribue à nous faire sentir encore plus loin. Cette application cellulaire a vu le jour en 2012 en Malaisie et est, en quelques sorte, l’équivalent de Uber à la différence que le client a accès au montant de la course et la paie en argent directement au chauffeur. Désormais il est beaucoup plus simple d’utiliser cette application afin de contacter un chauffeur de taxi, de surcroît les prix sont plus compétitifs et transparents. L’appli est maintenant presqu’indispensable un peu partout en Asie du Sud-Est.

Afin de constater l’ampleur de la beauté du parc national de Mu Koh Chang, nous payons enfin 1 000 baht (40$ CAN ) chacun afin de découvrir en speadboat les plages inexplorées des îles désertes et paradisiaques avoisinantes. Nous croisons 3 îles Koh Wai et Koh Laoya pour leur plage de sable blanc et koh khum pour la plongée en apnée. Le capitaine nous ramène au coucher de soleil directement à la plage où se situe notre hutte isolée.

Ce soir là, notre petit village de Klong Kloi dévoile finalement quelques adresses supplémentaires. Il aura donc fallu quelques jours avant de trouver nos repères mais nous avons finalement réussit à profiter de certains des trésors cachés de l’île de l’éléphant (koh Chang).

On se trouvait bien intelligent de débuter le périple au nord du pays, afin de s’acclimater lentement à la chaleur de l’Asie du sud-est.  Mais tôt ou tard, il fallait bien affronter la chaleur accablante du sud. Les quelques jours dans la région de Trat, nous ont permis de se rafraichir à tout moment en faisant  trempette dans le magnifique Golf du Siam qui borde l’île de l’Éléphant… Quand il y a de l’eau, c’est si simple.

Nos batteries rechargées, il est maintenant temps d’enfiler nos 10 kilos sur notre dos et en quelques heures à peine, nous revoilà de retour à Bangkok pour la soirée.  Tôt le matin, nous sommes déjà à bord d’un Airbus, opéré par Thai Airways, pour un vol doux comme de la soie, d’où leur slogan tout à fait approprié: « Smooth As Silk ».  Nous atterrissons à la populaire île de Phuket pour une courte halte au bord de la mer… il fait chaud, très chaud!  Avec une bonne noix de coco fraîche, la chaleur ça peut encore aller!  Mais, c’est maintenant l’heure fastidieuse d’entrer dans la carcasse métallique non-climatisée et aux fenêtres cloitrées de ce bus qui nous mènera dans la région de Surat Thani à la frontière de Phang Nga.  Dès que nous y mettons pied, (en suffoquant déjà), on se dit que l’expression « le temps passe vite » a perdu tout son sens sous le nombre de degrés Celsius auxquels nous sommes soumis.  Pour les 5 prochaines heures, chaque minute semble être une éternité dans les fourneaux du diable.

C’est totalement déshydrater et dégoulinant de sueur qu’on arrive enfin aux portes du parc national de Khao Sok au coeur d’une des plus anciennes forêts tropicales du monde.  Nous y passons la soirée à déambuler dans le petit village charmant à l’ambiance décontractée.  

Le jour suivant, nous sommes nombreux à attendre les bateaux à longues queues traditionnels  qui nous mèneront à nos habitations flottantes.  Soudainement, nous voilà plongés au coeur d’un bol d’irréel.  Nous sommes nichés dans cet écrin de nature spectaculaire!  Tout autour de nous, des falaises karstiques fascinantes se dessinent à chaque tournant du lac Cheow Lan. Nous sommes subjugués devant l’immensité du lieu où ici, définitivement Dieu a jeté son dévolu.  Nous passons plus d’une heure à nous exclamer devant tant de beauté en voguant doucement vers notre chambre, où nous passerons des heures à alterner entre la baignade  dans la magnificence du lac et les nombreux bains de soleil.  Sommes-nous au paradis?  En se baladant en bateau traditionnel entouré d’eau turquoise, nous observons l’aspect singulier du lieu.  Parsemer ici et là, des arbres dénudés de vie, sont enracinés au fond du lac, témoignant des vestiges passés, alors qu’à l’époque ce lieu énigmatique était une forêt luxuriante et tropicale indigène de plus de 160 millions d’années et même plus ancienne que la renommée forêt Amazonienne. C’est en 1987 que fut inauguré le barrage de Rajjaprabha qui engendra alors, ce lieu où la magie a opéré, là où divinement un lac artificiel venait de naitre.  Depuis les années 80, le lieu est protégé et est reconnu pour sa flore et sa faune unique!

Nous rebroussons chemin deux jours plus tard, décontractés, rafraîchis et légers comme l’air!

Prochaine et dernière destination?  Ile de Samui

Les 2 Trotteurs

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