Dans notre bulle

le

Le Siam, 20 ans plus tard

– Chiang Rai, Phuchifa et le Triangle d’Or-


Tôt le matin, on remet notre moto de location et se rendons à la gare de bus de Chiang Mai, prêts à découvrir une autre contrée sur la liste des incontournables des 2 Trotteurs. Destination Chiang Rai surnommée La petite soeur de Chiang Mai. Après 3 heures de route, nous aboutissons au Style Pai Doi à quelques kilomètres de la ville…

Seb: -« Attends-moi, je vais aller porter nos sacs à la chambre »

Marie: -« Ok, je vais commander à boire »


Seb revient avec un air sérieux


Seb: -« Oh Marie, tu vas être déçue! »
Marie:-« Oh non, pas vrai! »
Seb: -«C’est vraiment pas comme sur les photos »

Marie: -«Pfff, je te crois pas! »


Incapable de retenir son enthousiasme, un petit rire moqueur et ça me confirme tout de suite que l’endroit est bel et bien à la hauteur: bienvenue dans notre bulle! Situé à 15 minutes en moto de la ville de Chiang Rai, seulement 4 petites bulles, dont les terrasses font face au coucher du soleil sont magnifiquement aménagées pour offrir une expérience hors du commun. Nous plongeons dans ce cadre enchanteur en pleine nature pour 4 nuits, alors que pourtant, la ville est tout prêt. Encore une fois nous sommes charmés, euphorique et heureux.


Nous optons, à nouveau, pour la location d’une moto, pour la liberté que cela procure en plus de nous permettre d’économiser sur le coût des transports vue notre situation géographique ex-centrée. C’est les cheveux dans le vent que nous roulons lentement vers deux cathédrales bouddhistes, deux bijoux aux alentours de Chiang Rai, cette petite ville aux allures de bourgade. Premier arrêt? Le temple bleu (Wat Rong Sua Ten) situé sur les berges de la rivière Kok. Le temps de s’imprégner du lieu énigmatique, d’y déposer, bien humblement des offrandes (encens, bougies et fleurs marigolds), témoignant, une fois de plus, toute notre reconnaissance d’avoir accès à ces lieux de cultes sacrés d’une beautée sans égale et ainsi s’immerger dans les traditions et croyances du peuple thaïlandais et puis lentement nous nous dirigeons vers le deuxième joyaux de la cité…


Celui qui vole la vedette, c’est incontestablement le temple blanc (Wat Rong Khun). Situé à 15 km au sud de la ville. Dès notre arrivée, on le voit éblouissant, scintillants grâce aux milliers de petits morceaux de miroirs sous le soleil chaud de février et qui accentue la blancheur du monument. Sous le pont, des centaines de mains tendues surgissent de terre étonnent et intriguent les curieux que nous sommes. Créer par un artiste de renom, les constructions du temple aux allures d’une peinture de Dali, débutèrent en 1997 pour s’achever en 2008. Une temple majestueux pour aider la ville natale de cet artiste et offrir tribune au vénéré et respecté roi Rama IX, décédé en 2016, après un règne qui dura 70 ans.


La tête remplies d’image saisissantes, nous rebroussons chemin et savourons notre soirée du coucher du soleil jusqu’à ce que ce que la lune se révèle et commence à nous sourire par son croissant lumineux, le tout dans le confort de notre terrasse, à notre bulle et dans notre bulle au sens littéral!

Souper sur la terrasse au coucher de soleil

Lorsque la mélodie du réveille matin se fait trop rapidement entendre, il est 2h45 dans la nuit. Tout est calme dans ce petit village situé à une quinzaine de minutes de la vieille ville royale de Chiang Rai.

La gigantesque Déesse de la compassion, que l’on aperçoit de notre bulle, s’est éteinte enfin. La géante est éclairée en permanence en soirée et il m’arrive de penser qu’on doit pouvoir l’observer de la stratosphère tellement elle est grande et imposante!

Il est maintenant 3h du matin, Mr K est pile poil à l’heure. Il sera notre chauffeur aujourd’hui. En pleine noirceur, passant par les villages déserts à toute vitesse les uns après les autres, nous fonçons vers le Phuchifa. Soudainement, la route devient plus dramatique pour les derniers kilomètres alors qu’on grimpe les 1 600 mètres de cette célèbre montagne qui se trouve à la frontière de la Thaïlande et du Laos.

Arrivée presqu’au sommet, le taxi s’arrête: nous profitons d’un café exécrable servi par une dame amusante vêtue de vêtements traditionnels avant de serrer nos lacets et d’amorcer la montée à pied pour le dernier kilomètre. D’autres curieux nous suivent de près, ils veulent eux aussi être aux premières loges pour l’unique spectacle matinal.

Le Puchifa

Au sommet, la noirceur lève doucement son voile, nous laissant apercevoir tout au fond de la vallée, le Mékong et les paysages verdoyants du Laos. Se lève aussi la rivière de brume qui remonte rapidement les pentes de la falaise escarpée sur laquelle on se trouve, faisant remonter aussi au passage les souvenirs de nos aventures passées. Quelques idées, quelques projets futurs émergent: le Laos et le Cambodge en moto et pourquoi pas remonter jusqu’au Vietnam tant qu’à faire, jusqu’à Sapa au nord, là où les brumes sont omniprésentes comme ici au fond de la vallée.

Le spectacle est majestueux et nous rappelle encore une fois à quel point nous sommes remplis de gratitude d’avoir la chance de vivre et d’être témoin de ces spectacles naturelles. Nous rebroussons chemin quelques heures plus tard et rentrons à notre bulle pour une petite sieste de fin d’avant-midi.

Au réveil, nous enfilons la moto, pour cette fois-ci aller explorer les paysages verdoyants de la plantation de thé de Choui Fong. Sur plusieurs kilomètres ces petits arbustes aux mille et une vertues profitent des rayons nourrissants du puissant soleil ou Pra Athit comme disent les Thai. Une autre excellente occasion de déguster notre découverte 2024, le thé Thaï, version glacée évidemment! L’amalgame de thé noir corsé, de lait de coco, de fleur d’oranger, de tamarin, d’épices et d’une tonne de glace est tout simplement irrésistible!

Le thé thaï

Dans quelques heures, nous quitterons le nord du Siam. Mais avant de prendre ce vol vers Bangkok nous avons encore quelques heures devant nous. On réfléchie, on négocie, on se met d’accord et nous repartons sur notre très humble et vintage néanmoins très fiable Honda Dream direction Le Triangle d’or. Nous parcourons 60 kilomètres sous un soleil de plomb, une pause photo par ci, une pause Pouley (petit ananas très sucrés) par là, nous respirons la liberté tel 2 pseudo Che Gevara en devenir!

Le Triangle d’Or c’est en fait la jonction entre 3 pays: la Thaïlande, le Laos et le Myanmar. Une frontière politique mais aussi naturelle. En effet, le mythique Mékong, le plus important fleuve d’Asie, vient ici marqué les frontières entre le trio de pays avant de continuer son chemin jusqu’au Vietnam plus loin au sud. L’endroit est un lieu d’échange commercial majeur. À l’instar du croissant d’or au Moyen-Orient, le triangle d’or a longtemps été le lieu de récolte et de traffic des puissants narcotiques issus de la culture du pavot, on parle ici d’opium. Depuis quelques années le territoire s’est transformé de sorte qu’il est plus facile d’explorer les méandres de cette région tribale du nord-est de la Thaïlande. C’est donc devant un Panang Kari (curry panang) et kaeng khiao (curry vert) digne de mention chez tante Long que nous nous immergeons brièvement dans la culture de la région. Un trop court moment au nord qui s’achève, la tête rempli de projets et le cœur léger comme l’air!

Restaurant aunt Long

Curry vert et panang

Les 2 Trotteurs

Laisser un commentaire