Le grand Thar

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L’Aventure 2008

– Jaisalmer, le désert de Thar & Pushkar –

La vile de Jaisalmer, Rajasthan

Des notre arrivée à Jaisalmer, nous sommes sollicités de part et d’autre pour participer à un safari à dos de chameau dans le désert de Thar. Le plus difficile ici c’est de trouver l’agence qui offre le meilleur rapport qualité-prix! Nous poussons quelques portes d’agences et nous récoltons de précieux conseils auprès d’autres voyageurs! Mission accomplie, nous accordons notre confiance à Mr. Kanh, un chamelier sympatique et amusant de 28 ans qui partage, avec des novices, les plaisirs du désert depuis maintenant 17 ans! Il nous apprendra pendant 3 jours et 2 nuits les secrets de son royaume de sable.

Première apprentissage

Le respect des chameaux: ces bêtes attachantes et très calmes sont dotées d’une grande intelligence et récompensent les monteurs qui savent reconnaitre leur humanité:

Don’t tease the camel, they always remember, nous lance Mr. Kanh.

Deuxième apprentissage

Laisser ses soucis, son stress et son agitation à la ville, le désert c’est le moment de savourer le silence, la solitude, la siesta au zenith et la grandeur de la nature.

Don’t worry be happy & no chai, no chapati, no woman, no cry sont parmi les phrases les plus utilisées par notre chamelier.

Comme quoi, notre bon vieux Bob Marley a franchit toutes les frontières même celles les plus reculées du Rajasthan.

Troisième apprentissage

Le désert, c’est l’occasion de savourer la simplicité; un surplus de marchandises pourrait miner le moral de nos précieux compagnons: les chameaux. Quelques couvertures qui servent de selles pour monter, plus ou moins confortablement nos bêtes, serviront aussi de matelas et de pelures supplémentaires pour apprécier les nuits fraiches à la belle étoile sur les dunes du Thar.

Un minimum de chaudrons et quelques allumettes permettront de concocter à même le feu de camp un repas très simple qui nous permettra de nous garder d’attaque, sans trop nous gaver, pour affronter les rigueurs de l’endroit. Pommes de terre, choux, oignons, curcuma, chilli, farine de blé, sel et eau permettront l’élaboration des menus midi et soir durant les 3 jours.

Le chapati et le dhal sont incontestablement à l’honneur dans le désert de Mr Kanh. Ici, everything is possible comme disait toujours notre hôte attentionné. Il réussit d’ailleurs à nous préparer en quelques minutes un gâteau aux épices, son desert cake, comme il l’appelle. Pensez-y bien, il dispose que d’un feu de camp pour ce tour de force!

Mr. Kanh nous accompagna généreusement tout au long de notre séjour dans les dunes et nous fit presque oublier que nous étions en Inde, mais il omit une chose… nous préparer pour la dernière étape.


Quatrième apprentissage

Quitter la sérénité du désert et retourner dans le chaos et le bourdonnement de la cité. Des klaxons, des autobus, des voitures, des rickshaws et leur cousins les cyclorickshaws, constitua une expérience quasiment traumatisante.


Empreints de nostalgie, nous sommes de retour à Jaisalmer et le voyage doit continuer, une bonne nuit de sommeil et on repart sur la route…

Arrivée fracassante:

PUSHKAR, PUSHKAR, PUSHKAR!!!, crie un imbécile heureux ou plutôt une bebitte indienne aux dents noirs et crasseuses, les mains sales jusqu’aux bouts des ongles.

Quoiqu’il soit 1h30 du matin, il prend plaisir à beugler notre destination. Ébranlés, nous tentons de ne rien oublier dans notre cabine et nous remettons notre sac à dos qui est complètement méconnaissable dû à la tonne de poussière qui le recouvre… bienvenue à Pushkar!

Pushkar, entre tradition et tourisme

On sillone les rues sombres et inanimées de la sainte ville, accueillis froidement par les hurlements des chiens errants qui croisent notre route. Nous cheminons difficilement vers l’hôtel convoité pour finalement aboutir dans un hôtel minable en bord de route.

Au petit matin, on transfère en plein coeur de la cité; petite chambre rustique avec une mini terrasse qui nous offre une vue exceptionnelle sur la ville qui semble douce et tranquille…

Ce n’est qu’une illusion! Pushkar est en fait un centre de pèlerinage hindou très important et elle est composée de 400 temples aux pignons bulbeux et d’un lac sacré qui compte plus de 50 ghats. Par contre, elle est également un petit bled du voyageur néo-hippie. Elle est bourrée de guesthouses petit budget et l’on peut certainement y compter autant de boutiques que de temples!!!

C’est donc un drôle de mariage que d’allier la religion au tourisme mais, finalement tout le monde y trouve son compte et tout ça donne un aspect mystique à la ville de Pushkar. L’opium et le bhang lassi font partie intégrante de la spiritualité hindoue et il est tout a fait « normal » d’en consommer durant les processions, qui soit dit en passant, ont lieu plusieurs fois par jour!!!

L’alcool, étant interdite dans ce lieu saint, on se rend bien vite compte que plusieurs touristes sont soudainement très, très, très spirituels!!!

Quoiqu’il en soit, mise à part les processions bruyantes et les chants cérémonieux jusqu’aux petites heures du matin, il fut très intéressant d’observer ce mélange éclectique tout à fait loufoque et religieux de la charmante et très animée ville de Pushkar!

À suivre…

Chapati: Pain indien sans levure
Dhal: Une soupe aux lentilles, repas de base de la cuisine indienne
Ghats: Escaliers en bordure d’un cours d’eau ou d’un lac servant aux rituels hindoux.
Bhang lassi: Mélange de yogourt et d’un dérivé de marijuana

Sebast et Marie

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